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Global Entrepreneurship Monitor : L'entrepreneuriat en comparaison ...

Date post:05-Jan-2017
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  • Global Entrepreneurship MonitorLentrepreneuriat en comparaison internationale

    Rapport national suisse 2009

    Rico J. Baldegger

    Andreas A. Brlhart

    Mathias J. Rossi

    Patrick E. Schffel

  • Ralis avec le soutien de:

  • 2009 Swiss Executive Report 1

    Les auteurs tiennent remercier vivement les experts nationaux qui ont aimablement accept de nous donner leur point de vue sur les conditions cadres de la cration dentreprise en Suisse. Nous remercions galement les 2024 personnes qui ont accept de participer lenqute tlphonique ralise par lentreprise DemoSCOPE.

    Ce rapport naurait pas pu se concrtiser sans lappui gnreux de lagence pour la promotion de linnovation (CTI) et de lInstitut suisse pour la formation lentrepreneuriat.

    Diverses personnes ont contribu de manire exceptionnelle cette tude denvergure. Les auteurs souhaitent en premier lieu remercier Muriel Berger, collaboratrice scientifique de lInstitut Entrepreneuriat & PME, qui a assur la coordination avec efficience et efficacit ainsi que Danile Rueger et Otto Raemy pour la rvision constructive et la traduction.

    Remerciements

    Les auteurs tiennent aussi remercier lquipe de coordination du projet GEM, en particulier Mick Hancock, Chris Aylett, Niels Bosma, Alicia Corduras et Yana Litovsky, ainsi que les commanditaires du projet GEM au Babson College, Babson Park, MA (USA), lUniversidad del Desarollo, Santiago, au Chili et lUniversit de Reykjavik, Reykjavik, Islande.

    Ce rapport reprend certains lments des rsultats du rapport mondial Bosma, N. & Levie, J. (2010). Global Entrepreneur ship Monitor 2009 Executive Report, disponible en ligne ladresse suivante: http://www.gemconsortium.org.

    Les donnes utilises dans cette tude ont t collectes et traites de manire centralise par le consortium GEM. Les auteurs assument toute la responsabilit en ce qui concerne lanalyse et linterprtation des donnes.

    En tant que professeur de gestion et dentrepreneuriat la Haute cole de gestion de Fribourg, Rico J. Baldegger dirige lInstitut Entrepreneuriat & PME et exerce le rle de responsable acadmique du Master in Entrepreneurship. Il a fait ses tudes lUniversit de StGall et a obtenu son doctorat lUniversit de Fribourg. Il est lauteur de nombreuses publications sur les thmes des processus de fondation dentreprises, de linternationalisation des PME et de la rorganisation des entreprises familiales.

    Andreas Brlhart est responsable de filire pour le Master in Entrepreneurship la Haute cole de gestion de Fribourg. Il a tudi Fribourg et Vaduz et travaille actuellement son doctorat la Hochschule Liechtenstein. Ses sujets de recherche se situent dans les domaines Opportunity Recognition et Entrepreneurship Education. Il bnficie de plusieurs annes dexprience dans les startups.

    Les auteurs du rapport GEM

    Mathias J. Rossi est professeur en organisation et en ressources humaines la Haute cole de gestion de Fribourg. Docteur de la facult des HEC de lUniversit de Lausanne, ses intrts de recherche et ses publications rcentes portent sur lentrepreneuriat fminin, lentrepreneuriat senior, lentrepreneuriat social et la mesure de la performance entrepreneuriale.

    Patrick Schffel travaille en tant que business developer et consultant Zurich et est charg de cours la Haute cole de gestion de Fribourg. Aprs avoir obtenu un diplme lUniversit de Mannheim, un master la Haute cole de gestion de Bergen en Norvge, il a termin un doctorat la Henley Business School de lUniversit de Reading. Il a publi de nombreux articles et ouvrages sur le thme de lentrepreneuriat, de la stratgie et du commerce international.

  • 2 2009 Swiss Executive Report

    Ce cinquime rapport national suisse du projet Global Entrepreneurship Monitor (GEM) dcortique lactivit entrepreneuriale en Suisse, et traite de sujets particuliers comme lentrepreneuriat social, lentrepreneuriat fminin et le financement des activits entrepreneuriales.

    Le projet GEM est un projet de recherche international lanc conjointement dans les annes 1990 par la London Business School en Angleterre et le Babson College aux EtatsUnis. Le rapport global du GEM compare les rsultats obtenus dans 54 pays, alors que le rapport suisse se concentre sur les rsultats dans notre pays, et les compare essentiellement avec ceux des pays dont lconomie est aussi base sur linnovation. En outre, ce rapport met laccent sur certains thmes particuliers, comme lesprit dentreprise, les activits et les ambitions, ainsi que les conditions cadres pour entreprendre. Enfin limpact de la rcession conomique sur les activits des entreprises sera dvelopp.

    Attitudes entrepreneuriales et perceptions de lentrepre-neuriat: en rgle gnrale, les attitudes et les perceptions de la population adulte lgard de lentrepreneuriat sont suprieures la moyenne des pays dont lconomie est base sur linnovation. Par contre, lattention porte en Suisse lentrepreneuriat et aux entrepreneurs par les mdias pourrait tre amliore.

    Activits entrepreneuriales: au moment de lenqute, peine 7,7 % des adultes en Suisse taient en phase de cration dentreprise (entrepreneurs potentiels) ou la tte dune entreprise de moins de 3 ans (jeunes entrepreneurs). Ce taux dactivit entrepreneuriale (TEA) est en constante augmentation depuis 2005, et permet la Suisse doccuper le 6e rang parmi les pays comparables.

    Management Summary

    Ambitions entrepreneuriales: les ambitions entrepreneuriales pour les entreprises fort potentiel de croissance (HEA) obtiennent un score de 0.6 %, plaant ainsi la Suisse en 13e position parmi les 20 pays dont lconomie est base sur linnovation. La composante innovante considre comme un indicateur supplmentaire de la volont dentreprendre nest en Suisse pas suprieure la moyenne. Cette image de lambition entrepreneuriale peut tre complte par une orientation internationale relativement modre des activits entrepreneuriales.

    Conditions cadres pour entreprendre: les conditions cadres en Suisse ont t values par les experts comme tant sensiblement meilleures que dans les autres pays dont lconomie est base sur linnovation. Les points forts de la Suisse sont les infrastructures matrielles, la protection de la proprit intellectuelle, les finances, les connaissances et la technologie ainsi quune stabilit du march intrieur. Par contre, les rgles administratives, la fiscalit, lengagement politique ainsi que les normes et valeurs socitales ont t moins bien nots.

    Lentrepreneuriat et la rcession 2008-2009: la crise conomique a laiss des traces visibles dans lactivit entrepreneuriale en Suisse. Bien que lindpendance en tant que choix de carrire continue tre perue favorablement (plus dentreprises ont t cres que durant la mme priode lan dernier), les jeunes entrepreneurs ont t plus nombreux cesser leur activit et les ambitions internationales des entreprises ont t nettement redimensionnes. Un sentiment de pessimisme est clairement perceptible propos des opportunits daffaires, de la cration ou du dveloppement des entreprises. La situation est encore plus grave puisque nous constatons quelle touche les entrepreneurs de tous ges, toutes branches et tous types de formation.

  • 2009 Swiss Executive Report 3

    Sommaire

    Figures 4

    Tableaux 5

    1 Introduction 6 1.1 Le modle GEM 6 1.2 Comment le GEM mesuretil lentrepreneuriat? 9 1.3 Le GEM en Suisse 9

    2 Unevuedensembledelentrepreneuriaten2009 10 2.1 Attitudes et perceptions visvis de lentrepreneuriat 10 2.2 Activit entrepreneuriale 13 2.3 Ambitions entrepreneuriales 20 2.4 Les conditions cadres pour entreprendre 23

    3 Lentrepreneuriatetlarcessionde2008-2009 27 3.1 Impacts de la rcession sur le processus dentrepreneuriat 28 3.2 Impacts de la rcession sur le type dentrepreneur 29

    4 ThmespcialI:ActivitentrepreneurialesocialeSocialEntrepreneurship 34 4.1 Propagation de lactivit de cration entrepreneuriale sociale 35 4.2 Comparaison entre les taux TAE et lactivit entrepreneuriale sociale 35 4.3 Typologie de lactivit entrepreneuriale sociale 36

    5 ThmespcialII:EntrepreneurialFinance 38 5.1 Capital initial informel 38 5.2 Le Business Angel en Suisse 40 5.3 Capitalrisque 40

    6 ThmespcialIII:FemaleEntrepreneurship 42 6.1 Evolution de lactivit entrepreneuriale fminine 42 6.2 Profil de lentrepreneuriat des femmes 42 6.3 Perspectives 43

    Bibliographie 44

    Listedesexperts 45

    Glossaire 46

    Notes 47

    Copyright 2010 R. Baldegger, A. Brlhart, M. Rossi et P. Schffel

    Graphisme et mise en page: STLDESIGN Estelle HoferPiguet

    Dans le prsent document, toute dsignation de personne, de statut et de fonction vise indiffremment lhomme ou la femme.

  • 4 2009 Swiss Executive Report

    Figure 1: Le modle GEM 8

    Figure 2: Les tapes cls de lentrepreneuriat 9

    Figure 3: Crainte dchouer chez les individus ayant une bonne opportunit daffaires en relation avec la population interroge, 2009 10

    Figure 4: Taux dactivit entrepreneuriale dans les 20 pays dont lconomie est base sur linnovation, avec un intervalle de confiance de 95 % 13

    Figure 5: Raisons de la cessation dune activit conomique, par groupes de pays et en Suisse, 2009 14

    Figure 6: Taux dactivit entrepreneuriale et PIB par habitant en USD (source: GEM et FMI, 2009) 15

    Figure 7: Activit entrepreneuriale (TEA) par secteurs, 2009 15

    Figure 8: Entreprises tablies par secteurs 16

    Figure 9: Taux dactivit entrepreneuriale par catgories dge et groupes de pays, 2009 17

    Figure 10: Activit entrepreneuriale par catgories dge pour la Suisse 17

    Figure 11: Entrepreneurs seniors par secteurs, 2009 18

    Figure 12: Taux dactivit entrepreneuriale par genre dans les pays dont lconomie est base sur linnovation, 2009 19

    Figure 13: Activit de cration dentreprises forte aspiration de croissance (HEA), 20042009 20

    Figure 14: Propagation relative de crations dentreprises croissance forte et modre, 20042009 21

    Figure 15: Taux des activits entrepreneuriales (TEA) avec de nouveaux produits et/ou marchs, 20042009 22

    Figure 16: Part des activits de cration dentreprises avec orientation internationale, 20042009 23

    Figure 17: Protection des travailleurs et activit entrepreneuriale haut potentiel de croissance, 20042009 24

    Figure 18: Conditions cadres pour entreprendre (avis dexpert) par groupes de pays et pour la Suisse (moyenne non pondre) 25

    Figure 19: Normes et valeurs sociales (avis dexperts) en Suisse, 2009 26

    Figure 20: Transfert technologique et scientifique (avis dexperts) en Suisse, 2009 26

    Figure 21: Point de vue des entrepreneurs sur les opportunits de crer une entreprise en comparaison annuelle, par niveau de dveloppement des pays (moyennes nationales non pondres), 2009 29

    Figure 22: Point de vue des entrepreneurs sur les opportunits de croissance dune entreprise en comparaison annuelle, par niveau de dveloppement des pays (moyennes nationales non pondres), 2009 30

    Figure 23: Effets de la crise conomique sur la perception des opportunits daffaires par les entrepreneurs, par niveau de dveloppement des pays (moyennes nationales non pondres), 2009 31

    Figures

  • 2009 Swiss Executive Report 5

    Figure 24: Effets de la crise conomique sur la perception des opportunits daffaires par les entrepreneurs, par niveau de dveloppement des pays et selon lge des interrogs (moyennes nationales non pondres), 2009 32

    Figure 25: Effets de la crise conomique sur la perception des opportunits daffaires par les entrepreneurs, par niveau de dveloppement des pays et selon le niveau de formation des interrogs (moyennes nationales non pondres), 2009 33

    Figure 26: Activit entrepreneuriale sociale (SEA) par pays dans les conomies mues par linnovation, 2009 34

    Figure 27: Activit entrepreneuriale sociale (SEA) par groupe dge, 2009 36

    Figure 28: Typologie des activits de lentrepreneuriat social, 2009 37

    Figure 29: Part dinvestisseurs informels parmi la population des 18 64 ans (avec un intervalle de confiance de 95 %), 2009 38

    Figure 30: Niveau du capital initial informel en pour cent du PIB (sources: GEM et IMF), 2009 39

    Figure 31: Capital initial ncessaire par rapport au PIB par habitant en USD (moyenne) (Sources: GEM et FMI), 2009 39

    Figure 32: Investissement en capitalrisque en pourcentage du PIB, aprs une phase de croissance (Source: EVCA.com et les associations nationales de capitalrisque) 41

    Figure 33: Evolution de lactivit entrepreneuriale fminine entre 2003 et 2009 42

    Figure 34: Taux dactivit entrepreneuriale des femmes, par secteurs, 2009 43

    Tableaux

    Tableau 1: Attitudes et perceptions entrepreneuriales dans les 20 pays dont lconomie est base sur linnovation. (Source: GEM et FMI, 2009) 11

    Tableau 2: Activit entrepreneuriale dans les 20 pays dont lconomie est base sur linnovation 12

    Tableau 3: Classement des conditions cadres (avis dexperts), 2009 25

    Tableau 4: Tendances entrepreneuriales dans les pays bass sur linnovation (Source: GEM et FMI), 20082009 en comparaison avec 20062007 28

    Tableau 5: Activit entrepreneuriale sociale tout au long du processus entrepreneurial, GEM 2009 35

  • 6 2009 Swiss Executive Report

    1 Introduction

    1.1 Le modle GEM

    Lanne 2009 restera dans toutes les mmoires en raison de la rcession et notamment de ses incidences ngatives mondiales dans la plupart des conomies. Alors que les nations et les rgions tentent de reconstruire leur conomie, la comprhension gnrale de la relation entre initiative entrepreneuriale et dveloppement conomique reste encore incomplte. Ceci est dune part imputable au fait que les deux domaines sont observs sparment. Dautre part, les donnes internationales harmonises sont insuffisantes dans le domaine de lentrepreneuriat. Depuis 1997, lorganisation Global Entrepreneurship Monitor (GEM) sefforce donc de combler cette carence en menant chaque anne une collecte harmonise de donnes et en recourant dans le monde entier la collaboration dexperts du domaine de lentrepreneuriat. Le Global Report, contenant une comparaison de tous les pays participants, est chaque fois publi au dbut de lanne et constitue la base des rapports nationaux publis par la suite.

    Le projet de recherche GEM concentre ses intrts sur trois grands objectifs:

    mesurer les diffrences relatives au niveau des activits entrepreneuriales entre les pays,

    dceler les facteurs qui influencent les activits entrepreneuriales au niveau national,

    identifier les conditions politiques mme de favoriser les activits entrepreneuriales.

    Les analyses traditionnelles de la croissance conomique et de la comptitivit ont tendance ngliger le rle des nouvelles et petites entreprises dans lconomie nationale. Ltude GEM implique par contre une approche complte, qui tient compte du degr des activits entrepreneuriales au sein dun pays et dtermine les diffrentes natures et phases de lentrepreneuriat. Bien que seuls des pays revenu lev aient particip aux premires tudes GEM, lambition a toujours t dintgrer autant de pays que possible afin de soutenir les dcideurs politiques dans leurs efforts de promotion du dveloppement conomique par le biais dactivits entrepreneuriales. En 2009, le nombre des pays participants

    a augment de 25 % pour atteindre 54 pays. Les 54 nations prsentent une forte diffrence en termes de dveloppement conomique, raison pour laquelle elles sont depuis 2008 attribues aux catgories suivantes: conomies mues par les facteurs, par lefficacit et par linnovation.I

    La comparaison entre pays ne comparer que le comparable

    Depuis le GEM Global Report 2008, la comparaison entre pays utilise la classification du Global Competitiveness Report (Porter, Sachs et McArthur, 2002). Cette classification prvoit la subdivision des pays en trois groupes.

    Un premier groupe est compos des pays de faible puissance conomique, lesdites conomies mues par les facteurs. La croissance de ces pays dcoule principalement dune plus grande utilisation de facteurs de production primaires (terres, gisements de matires premires, mainduvre peu qualifie). La croissance conomique du deuxime groupe (conomies mues par lefficacit) repose avant tout sur une augmentation de lefficacit, obtenue assez souvent par des investissements directs trangers (p. ex., importation de technologies de production). Les pays du troisime groupe, les conomies mues par linnovation, se caractrisent par de gros investissements dans la formation, la recherche et le dveloppement, tant de la part de lEtat que du secteur priv. Des processus sociaux dapprentissage, des hirarchies planes dans les organisations ainsi que des changes intenses entre producteurs et clients favorisent le dveloppement et le lancement de nouveaux produits et services. Dans ce contexte, de jeunes entreprises innovantes peuvent jouer un rle important.

    La Suisse fait partie des conomies dites innovationdriven. Parmi les 54 entreprises ayant particip au GEM 2009, 20 proviennent de pays appartenant ce groupe. Ces pays constituent le groupe de comparaison pour les donnes de la Suisse.

  • 2009 Swiss Executive Report 7

    Economies mues par les facteurs:Arabie Saoudite*, Cisjordanie et Bande de Gaza, Algrie*, Guatemala*, Jamaque*, Liban*, Maroc, Ouganda, Tonga, Venezuela*, Ymen.

    Economies mues par lefficacit:Afrique du Sud, Argentine, BosnieHerzgovine, Brsil, Chili, Chine, Colombie, Croatie*, Equateur, Hongrie *, Iran, Jordanie, Lettonie*, Malaisie, Panama, Prou, Rpublique Dominicaine, Roumanie*, Russie*, Serbie, Tunisie, Uruguay.

    Economies mues par linnovation:Allemagne, Belgique, Core du Sud, Danemark, Emirats Arabes Unis, Espagne, EtatsUnis dAmrique, Finlande, France, GrandeBretagne et Irlande du Nord, Grce, HongKong, Islande, Isral, Italie, Japon, Norvge, PaysBas, Slovnie, Suisse.

    * Pays en voie de transition vers le niveau suivant

    Lentrepreneuriat joue un rle diffrent dans chacune des phases du dveloppement conomique. Dans les conomies mues par linnovation, les activits industrielles se dplacent progressivement vers le secteur des prestations de service, la recherche et le dveloppement sont renforcs et lintensit des connaissances augmente dans le secteur industriel et tertiaire. Ces dveloppements ouvrent la voie des activits entrepreneuriales innovantes. Il nest pas rare que de jeunes entreprises innovantes disposent, lors de la cration dinnovations, de certains avantages par rapport des grandes entreprises tablies et reprsentent ainsi une part importante de destruction cratrice. Les jeunes entreprises mues par linnovation et en qute dopportunits peuvent contribuer une part considrable de la croissance et de la cration de bientre, pour autant quelles soient nes dans un environnement conomique et financier sain et stable.

    1.1.1 Attitudes, activits et ambitions entrepreneurialesDiverses dfinitions de lentrepreneuriat circulent dans la littrature. Le modle GEM intgre les diverses perspectives de lentrepreneuriat et admet quune srie de grandeurs peuvent influencer les attitudes, lactivit et les ambitions (Attitudes, Activities and Aspirations) entrepreneuriales. Linteraction dynamique de ces trois composantes donne

    lieu une activit entrepreneuriale productive cration demplois et de bientre.

    Les attitudes entrepreneuriales sont des attitudes par rapport lentrepreneuriat. Dans quelle mesure la population croitelle quil y a de bonnes opportunits daffaires ou de quel statut les entrepreneurs jouissentils dans la socit? Ceci dpend de lattitude entrepreneuriale. Quels risques eston prt courir ou comment estimeton les capacits, le savoir et lexprience en matire de cration dentreprise, en sont dautres lments importants. Les attitudes entrepreneuriales influencent lactivit des entrepreneurs et viceversa. Les individus qui connaissent des entrepreneurs ou des fondateurs et sont donc familiariser avec ce processus auront tendance avoir une attitude plus positive envers lentrepreneuriat. Et ce sont justement les pays mus par linnovation qui ont besoin dindividus mme didentifier et de raliser des opportunits daffaires. Une attitude positive envers lentrepreneuriat au niveau national sexprime par des mesures de soutien, la mise disposition dune aide financire et dautres appuis.

    Lactivit entrepreneuriale peut prendre diffrentes formes. Dans ce cas, le nombre absolu dentreprises fondes par la population est important, de mme que le rapport entre les crations et les fermetures dentreprise. Les activits entrepreneuriales peuvent se diffrencier aux niveaux les plus divers. Elles sont par exemple subdivises par branche, par taille de lquipe des fondateurs ou selon des indicateurs dmographiques comme le sexe, lge ou le niveau de formation du fondateur. Lactivit entrepreneuriale est perue comme un processus (Gartner, 1985). Cest pour cette raison que le GEM enregistre lactivit entrepreneuriale divers stades de lintention de fonder lentreprise jusqu larrt de lactivit entrepreneuriale, en passant par lentreprise tablie.

    Les ambitions entrepreneuriales dcrivent laspect qualitatif de lactivit entrepreneuriale. Par exemple, les efforts entrepris pour lancer de nouveaux produits ou processus, pour prospecter les marchs internationaux, pour mettre en place une nouvelle organisation ou pour gnrer de la croissance avec des capitaux externes. Les ambitions entrepreneuriales mises en uvre peuvent avoir une incidence dterminante sur lactivit entrepreneuriale. GEM a effectu des mesures en vue didentifier les activits entrepreneuriales prsentant un haut potentiel de croissance (highaspiration entrepreneurship).

  • 8 2009 Swiss Executive Report

    1.1.2 Conditions cadres entrepreneuriales Les conditions cadres entrepreneuriales dcrivent les proprits de lenvironnement socioconomique qui ont une incidence notable sur lentrepreneuriat. Les conditions cadres de lentrepreneuriat dans des conomies mues par les facteurs et lefficacit sont tires du Global Competitiveness Report 20092010 (Schwab, 2009). Le modle GEM largit des conditions cadres spcifiques pour lentrepreneuriat et linnovation (voir Levie et Autio, 2008 pour ce qui est des bases thoriques).

    Les conditions cadres sont toutes dterminantes pour un pays, quil soit m par les facteurs, lefficacit ou linnovation. Les pays sont classs selon la phase qui est la plus importante pour le niveau de dveloppement actuel; en consquence, limportance des conditions cadres entrepreneuriales dpend galement de la phase du dveloppement conomique. Toutes les conditions cadres peuvent tre tires du modle GEM (figure 1).

    Le modle GEM explicite de quelle manire lentrepreneuriat est influenc par le contexte national. Dans le projet GEM, les conditions cadres sont saisies via un entretien

    standardis avec des experts nationaux de lentrepreneuriat. Les trois composantes de lentrepreneuriat (attitudes, activit et ambitions) peuvent galement tre tires du modle. Ces lments sont recueillis par le biais dune enqute harmonise au niveau international de la population adulte. 1.1.3 GEM et la relation entre entrepreneuriat et dveloppement conomiqueBien que le projet GEM saisisse des donnes uniques en leur genre dans le domaine des conditions cadres et des attitudes, activits et ambitions entrepreneuriales, il nest pas envisag de dfinir leffet de lentrepreneuriat sur le dveloppement conomique. Cette relation est plutt difficile apprhender. Diffrents types et diffrentes phases dentrepreneuriat influencent la croissance conomique (Sternberg et Wennekers, 2005). En outre, la relation est rciproque. Lentrepreneuriat influence la croissance conomique qui, son tour, influence lentrepreneuriat. De premires approches permettant de dmler cette interdpendance complexe sont fournies par Van Stel et al. (2005), Acs et Varga (2005), Acs et Amoros (2008) ainsi que par Koellinger et Thurik (2009).II

    Figure 1: Le modle GEM

    Contexte

    social,

    culturel,

    politique

    Exigences de base

    - Institutions

    - Infrastructure

    - Stabilit

    macroconomique

    - Sant et formation

    de base

    Nouvelle branche,

    croissance de

    l'entreprise

    Entreprises tablies

    (Primary Economy)

    Croissance

    conomique

    nationale

    (innovation

    des postes de

    travail et

    innovation

    technique)

    Facteurs d'accroissement

    de l'efficacit

    - Formation universitaire

    et professionnelle

    - Efficacit du march

    des marques

    - Efficacit du march

    du travail

    - Sophistication du march

    financier

    - Disponibilit technologique

    - Taille du march

    Innovation et

    entrepreneuriat

    - Financement

    entrepreneurial

    - Politique gouvernementale

    - Programme gouvernemental

    pour l'entrepreneuriat

    - Formation

    entrepreneuriale

    - Transfert R&D

    - Infrastructure lgale et

    commerciale pour

    l'entrepreneuriat

    -

    -

    Ouverture du march

    intrieur

    fr Unternehmertum

    - Infrastructure physique

    pour l'entrepreneuriat

    - Normes socioculturelles

    Attitudes:

    - Opportunits /

    occasions saisies

    - Capacit saisie

    Ambitions:

    - Croissance

    - Innovation

    Activit:

    - Stade prcoce (early-stage)

    - Persistance/endurance

    - Exits

    Entrepreneuriat

    Tir du GEM

    National

    Expert Survey

    Tir du GEM

    Adult Population

    Survey (APS)

    Depuis

    dautres

    sources

    disponibles

    - Cration de valeurs sociales

  • 2009 Swiss Executive Report 9

    1.2 Comment le GEM mesure-t-il lentrepreneuriat?

    Contrairement la plupart des autres jeux de donnes sur lentrepreneuriat, le GEM neffectue pas ses mesures au niveau de lentreprise, mais celui de lindividu. GEM examine le rle, le comportement de lindividu par rapport aux attitudes, activits et ambitions entrepreneuriales.

    Dans loptique du processus de lentrepreneuriat, lactivit entrepreneuriale est subdivise en diverses phases (figure 2). Le paiement des salaires une personne, y compris le propritaire sur une priode de plus de trois mois, est interprt comme une cration dentreprise. Les personnes qui prparent activement des ressources en vue dune cration, mais qui nont pas encore procd la cration, sont appeles Entrepreneurs mergents (nascent entrepreneurs). Les individus qui possdent et grent une entreprise, mais qui nont pas encore pay de salaires pendant plus de 42 mois, sont appels Entrepreneurs nouveaux (new business ownermanagers). Les 42 mois correspondent une dure issue de conclusions thoriques et pratiques sur la phase de dmarrage des entreprises (voir ce sujet Reynolds, Bosma, Autio et al., 2005). Le taux total dactivit entrepreneuriale (TAE ou Total Entrepreneurial Activity, TEA) est obtenu en additionnant les entreprises mergentes et nouvelles. Les personnes qui ont vers des salaires pendant plus de 42 mois sont dfinies comme des Entrepreneurs tablis (established business owner). Enfin, les individus qui ont cess une activit entrepreneuriale durant les douze derniers mois sont galement saisis.

    1.3 Le GEM en Suisse

    En 2009, la Suisse a particip pour la cinquime fois au projet GEM, qui existe depuis 1999. A lavenir, elle vise une participation annuelle au projet GEM, afin dtablir pour la Suisse une base de donnes fiable sur le thme de lentrepreneuriat. Une base de donnes qui prsente un fort potentiel danalyse et offre les bases pour des mesures politiques et prives et dautres tudes.

    Au printemps et en t 2009, linstitut dtude de march reconnu Demoscope a interrog par tlphone 2024 personnes, ges de 18 99 ans et choisies au hasard en Suisse. En outre, 36 experts nationaux de lentrepreneuriat ont t interviews sur les conditions cadres de lentrepreneuriat en Suisse. La direction du projet GEM pour la Suisse est assume par lInstitut Entrepreneuriat & PME de la Haute cole de gestion de Fribourg (www.gemsuisse.ch).

    Le rapport de cette anne contient diffrents thmes spciaux, en plus des donnes sur lactivit entrepreneuriale en gnral et des analyses sur les incidences de la rcession. Le chapitre 4 est consacr aux explications sur le Social Entrepreneurship alors que le chapitre 5 traite de lEntrepreneurial Finance. La srie des thmes spciaux sachve par un chapitre consacr au Female Entrepreneurship.

    Entrepreneurs

    potentiels:

    opportunits,

    savoir et

    comptences

    Entrepreneurs

    mergents:

    travaillent sur

    des projets

    dentreprise

    en gestation

    Nouveaux

    entrepreneurs:

    propritaires

    dirigeants

    d'entreprises nou-

    velles (moins de

    3.5 annes)

    Entrepreneurs

    tablis:

    propritaires diri-

    geants dentre-

    prises tablies

    (plus de

    3.5 annes)

    Taux d'activit entrepreneuriale (TAE)

    Conception Fondation Prennit

    Fermeture de

    l'entreprise

    Figure 2: Les tapes cls de lentrepreneuriat

  • 10 2009 Swiss Executive Report

    Dans ce chapitre, nous montrerons comment se situe la Suisse en ce qui concerne les attitudes, les activits et les motivations entrepreneuriales. La Suisse sera compare avec les 20 pays conomie base sur linnovation. La partie 2.1 prsentera tout dabord les attitudes et les perceptions par rapport lentrepreneuriat. La partie 2.2 prsentera ensuite une analyse de lactivit entrepreneuriale en Suisse, en examinant successivement cette activit sous langle de labandon dactivit, de la rpartition par ge et par genre, et des secteurs conomiques o elle sexerce. Le chapitre se clt par une discussion sur les ambitions entrepreneuriales et les conditions cadres qui rgissent lactivit dentreprendre en Suisse.

    2.1 Attitudes et perceptions vis--vis de lentrepreneuriat

    Pour quune activit entrepreneuriale, quelle quelle soit, puisse avoir lieu dans un pays donn, deux lments doivent tre prsents: des opportunits entrepreneuriales, et des personnes ayant les comptences ncessaires une activit entrepreneuriale. Il est donc autant important pour des individus de percevoir des opportunits dentreprendre dans la rgion o ils vivent que destimer avoir les comptences ncessaires au

    2 Une vue densemble de lentrepreneuriat en 2009

    lancement dune activit entrepreneuriale. Nous savons que le nombre ou la nature des opportunits perues, de mme que les comptences estimes, peuvent tre dveloppes par des lments touchant aux spcificits nationales comme la croissance de lconomie ou de la population, la culture, de mme que les politiques menes en faveur de lentrepreneuriat.

    Il y a pourtant dautres facteurs en jeu. Une confrontation de la population, dans leur rgion ou travers les mdias, des entrepreneurs talentueux qui font preuve de succs, pourrait conduire les gens estimer plus fortement leurs comptences, sans dailleurs que le niveau de comptences effectif sen trouve amlior.

    Leffet sera dautant plus fort lorsque le climat conomique est favorable. Enfin, on pourra constater parmi la population certaines diffrences quant aux comptences estimes, diffrences qui sexpliqueront par des raisons historiques socioconomiques ou des raisons dordre culturel.

    Quune personne manifeste une perception positive lgard de lentrepreneuriat nimplique en rien quelle se retrouvera avec certitude implique dans une activit de nature

    US

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    Peur de l'chec: % des individus ayant une bonne opportunit daffaires

    Figure 3: Crainte dchouer chez les individus ayant une bonne opportunit daffaires en relation avec la population interroge, 2009

  • 2009 Swiss Executive Report 11

    entrepreneuriale. Il y a en ralit plusieurs choix faire, consciemment ou non. La premire question qui se pose est celle des cots dopportunit: il sagit de comparer les retombes estimes dune activit entrepreneuriale celles quon peut escompter en pratiquant une autre activit, lalternative la plus commune dans nos rgions tant le statut de salari.

    La seconde question est celle du risque, ou plus prcisment le lien entre le risque pris et les retombes espres. Mme dans le cas o les retombes positives dune activit entrepreneuriale sont considrablement suprieures celles de toute autre alternative, le risque estim peut tre considr comme tant trop lev pour se lancer. Si les perceptions individuelles lies la prise de risque sont videmment dterminantes lorsquil sagit de passer dun statut demploy celui dentrepreneur, des considrations dmographiques comme le genre, lge ou lorigine jouent aussi un rle.

    Tableau 1: Attitudes et perceptions entrepreneuriales dans les 20 pays dont lconomie est base sur linnovation. (Source: GEM et FMI, 2009)

    Les lments mentionns cidessus pourraient mener des individus dclarer une intention de dmarrer une entreprise, et mme agir dans ce sens. En Suisse comme dans la majorit des pays dvelopps, il sagit dun entrepreneuriat par opportunit, par opposition la situation dentrepreneuriat par ncessit quon peut trouver dans des pays moins riches.

    Le Tableau 1 compare les indicateurs permettant destimer la perception visvis de lentrepreneuriat en Suisse et dans les pays comparables, ceux dont lconomie est base sur linnovation. Dans ces pays, on sattend en gnral une opinion plutt positive visvis de lentrepreneuriat, couple une relativement faible intention dentreprendre. Cest le cas en Suisse, o des scores plutt levs en matire de perceptions de lentrepreneuriat cohabitent avec des intentions entrepreneuriales plutt faibles.

    Opportunits perues

    Comptences perues

    Peur de l'chec *

    Intentionsentrepre-

    neuriales **

    Entrepreneuriat en tant que

    bonne chance de carrire

    Statut plus lev des

    entrepreneurs prospres

    Attention des mdias envers

    l'entrepre neuriat

    Belgique 15 37 28 5 46 49 33

    Danemark 34 35 37 3 47 75 25

    Allemagne 22 40 37 5 54 75 50

    Finlande 40 35 26 4 45 88 68

    France 24 27 47 16 65 70 50

    Grce 26 58 45 15 66 68 32

    Hong Kong 14 19 37 7 45 55 66

    Islande 44 50 36 15 51 62 72

    Isral 29 38 37 14 61 73 50

    Italie 25 41 39 4 72 69 44

    Japon 8 14 50 3 28 50 61

    Pays-Bas 36 47 29 5 84 67 64

    Norvge 49 44 25 8 63 69 67

    Suisse 35 49 29 7 66 84 57

    Slovnie 29 52 30 10 56 78 57

    Espagne 16 48 45 4 63 55 37

    Core du Sud 13 53 23 11 65 65 53

    Emirats Arabes Unis 45 68 26 36 70 75 69

    Etats-Unis 28 56 27 7 66 75 67

    Royaume-Uni 24 47 32 4 48 73 44

    Moyenne (non pondre) 28 43 34 9 58 69 53

    * Dnominateur : population 18-64 ans percevant de bonnes opportunits pour dmarrer une affaire.** Dnominateur : population 18-64 ans ntant pas engage dans une activit entrepreneuriale.

  • 12 2009 Swiss Executive Report

    Ceci sexplique certainement par les revenus relativement plus levs que lon peut obtenir avec le statut de salari. Dautres lments pourraient tre considrs: en Suisse, selon les dclarations des experts, si le capital ncessaire est disponible, certaines lourdeurs administratives peuvent tre vues comme un obstacle.

    Le questionnaire GEM demande aussi aux rpondants si la crainte de lchec les empcherait de dmarrer une activit. Il est assez logique de penser que la crainte de lchec est moins prsente chez les personnes qui dclent de bonnes opportunits dans un avenir proche que dans la population en gnral, et cest bien sr le cas en Suisse. Notre pays se range parmi ceux o la crainte de lchec, que ce soit pour les personnes dcelant une opportunit ou pour la population en gnral, est la moins forte. Tous nos voisins affichent des scores bien plus levs. Sil est difficile dinterprter cette diffrence, on pourrait risquer lhypothse que la relative bonne

    couverture sociale rend somme toute lchec moins pnalisant que dans dautres pays.

    Les attitudes gnrales visvis de lentrepreneuriat en Suisse sont mesures par les trois indicateurs qui figurent sur le ct droit du tableau 1. Le premier indicateur value dans quelle mesure les rpondants estiment que, en Suisse, lentrepreneuriat est considr comme un choix de carrire acceptable. On sait que cet indicateur est dautant plus faible que le dveloppement conomique du pays en question est lev, et de ce point de vue, la Suisse ne droge pas la rgle. Le deuxime indicateur vrifie la considration dont bnficient les entrepreneurs qui font preuve de succs. Ici, les diffrences entre les conomies sont moins marques, les entrepreneurs succs sont crdits dun bon statut social par environ trois quarts des rpondants. Le troisime indicateur quant lui sintresse la popularit du thme de lentrepreneuriat en demandant aux rpondants sils estiment bonne la

    Tableau 2: Activit entrepreneuriale dans les 20 pays dont lconomie est base sur linnovation

    Entrepreneurs mergents

    Nouveaux entrepreneurs

    Activit entrepreneuriale

    totale (TAE)

    Entrepreneurs tablis

    Fermeture de lentreprise

    Cration par ncessit pas dautre option

    ( % du TAE)

    Cration par opportunit

    amlioration du revenu ( % du TAE)

    Belgique 2 1.6 3.5 2.5 1.3 9 55

    Danemark 1.6 2 3.6 4.7 1.1 7 56

    Allemagne 2.2 2.1 4.1 5.1 1.8 31 43

    Finlande 2.9 2.3 5.2 8.5 2.1 19 62

    France 3.1 1.4 4.3 3.2 1.9 14 67

    Grce 4.5 4.7 8.8 15.1 2.6 26 47

    Hong Kong 1.6 2.2 3.6 2.9 1.5 19 49

    Islande 7.6 4.2 11.4 8.9 4 10 58

    Isral 3.4 2.7 6.1 4.3 4 25 48

    Italie 1.8 1.9 3.7 5.8 1.1 14 57

    Japon 1.9 1.3 3.3 7.8 1.4 30 62

    Pays-Bas 3.1 4.1 7.2 8.1 2.5 10 57

    Norvge 5 3.9 8.5 8.3 3.7 9 74

    Suisse 4.3 3.5 7.7 8.4 2.1 7 67

    Slovnie 3.2 2.1 5.4 5.6 1.3 10 69

    Espagne 2.3 2.8 5.1 6.4 2 16 41

    Core du Sud 2.7 4.4 7 11.8 3.9 45 37

    Emirats Arabes Unis 6.5 7.4 13.3 5.7 6.5 9 79

    Etats-Unis 4.9 3.2 8 5.9 3.4 23 55

    Royaume-Uni 2.7 3.2 5.7 6.1 2.1 16 43

    Moyenne (non pondre) 3.4 3.1 6.3 6.8 2.5 17 56

  • 2009 Swiss Executive Report 13

    couverture mdiatique de lentrepreneuriat. Si, globalement, limage de lentrepreneuriat est bonne en Suisse, meilleure que dans les pays comparables, notre pays se distingue nettement par le statut lev quobtiennent chez nous les entrepreneurs qui ont du succs.

    2.2 Activit entrepreneuriale

    Le tableau 2 synthtise, pour les pays dont lconomie est base sur linnovation, limplication dans des activits entrepreneuriales diffrents stades du processus.

    Les principaux indices mesurs dans ce tableau sont le taux dactivit entrepreneuriale (TAE), autrement dit le taux dentrepreneurs mergents et le taux dentrepreneurs nouveaux. Le taux dentrepreneurs mergents donne une indication des entreprises qui sont en gestation. Le taux dentrepreneurs nouveaux indique, quant lui, la participation des rpondants dans une entreprise ayant pay des salaires depuis moins de 3 ans et demi au moment de lenqute. Pour ces deux indicateurs, ltude a pris en compte des entreprises dans laquelle les personnes interroges taient directement impliques dans la gestion, sans en tre forcment propritaires 100 %. Le taux dactivit entrepreneuriale (TAE) prsent dans la figure 4 est laddition du taux dentrepreneurs mergents et du taux dentrepreneurs nouveaux. Les barres verticales reprsentent les intervalles de confiance de 95 %, ou marge derreur, et indiquent la prcision des estimations.

    La Suisse, avec un TAE de 7.7 %, se situe dans la moyenne suprieure des pays industrialiss, derrire les Emirats Arabes Unis, lIslande et la Grce, mais trs largement devant tous ses voisins directs. Le TAE de la Suisse est par ailleurs en progression constante depuis 2005.

    Nous avons demand aux personnes, qui ont abandonn leur affaire dans les douze mois prcdant lenqute, de prciser les raisons de cette cession. De ce point de vue, la Suisse se distingue des pays structure conomique comparable sur trois points: en Suisse, on abandonne dans une plus large mesure son entreprise pour des raisons de retraite, parce quon a vendu son entreprise, et beaucoup moins parce quon a trouv un emploi. Sans examen en profondeur, il est difficile de se prononcer sur ces diffrences. Tout au plus pourrionsnous faire lhypothse que chez nous, le choix se fait entre la retraite et lactivit entrepreneuriale. Estce d au relatif confort financier de la situation de bien des retraits, ou aux piges fiscaux que cache lattribution dune rente paralllement un revenu?

    En ce qui concerne la vente de son entreprise, la Suisse fait face une vague importante de personnes possdant leur entreprise et arrivant lge de la retraite. Or la remise de son entreprise dans le cercle extrafamilial, souvent par le biais dune vente plutt quau sein de la famille, est une pratique atteste de plus en plus courante (Halter, Schrettle & Baldegger, 2009). Cesser son activit pour changer demploi

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    Figure 4: Taux dactivit en-trepreneuriale dans les 20 pays dont lconomie est base sur linnovation, avec un inter-valle de confiance de 95 %

  • 14 2009 Swiss Executive Report

    est plus frquent dans les pays qui nous entourent, cest peuttre l le signe dune plus grande mobilit sur le march du travail, ou peuttre, dans certains cas, lindice que lentrepreneuriat nest souvent considr que comme une situation provisoire, en attendant de trouver une autre activit salarie.

    2.2.1 TEALa figure 6 met en vidence la relation entre les TAE nationaux et produit national brut (PNB) avec parit de pouvoir dachat (PPA) par habitant. Les pays ayant un faible revenu par habitant ont une conomie nationale caractrise par une importante proportion de trs petites entreprises (TPE). Au fur et mesure que le revenu par habitant augmente, lindustrialisation ainsi que des conomies dchelle permettent des entreprises de taille plus importante de satisfaire une demande en expansion et de jouer ainsi un rle de plus en plus important dans lconomie. Une certaine stabilit politique

    Figure 5: Raisons de la cessation dune activit conomique, par groupes de pays et en Suisse, 2009

    0%

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    100%

    Economies mues

    par les facteurs

    Economies mues

    par lefficacit

    Economies mues

    par linnovation

    Suisse

    Incident

    Raisons personnelles

    Retraite

    Cessation prvue davance

    Autre possibilit

    demploi/daffaires

    Occasion de vendre lentreprise

    Problmes de financement

    Entreprise non profitable

    et conomique est importante pour gnrer de la croissance, et ceci nest possible que par le dveloppement dinstitutions fortes, et dun appareil lgislatif transparent et communment accept. Laugmentation du rle de ces grandes entreprises peut saccompagner dune diminution du nombre de crations dentreprises, les gens trouvant un emploi salari dans ces grandes organisations.

    Ainsi, on voit bien sur le graphique que lactivit entrepreneuriale nest pas simplement fonction des diffrences de dveloppement socioconomique, mais est aussi influence par dautres facteurs, comme la croissance de la population, qui aura un effet sur la demande, ou la taille de la population dentrepreneurs, qui pourra jouer un rle de modle. La Suisse, qui se situe trs clairement dans la partie droite du graphique, l ou le PIB par habitant est lev, est plutt dans la moyenne suprieure en ce qui concerne le TAE, audessus de la courbe.

  • 2009 Swiss Executive Report 15

    Figure 6: Taux dactivit en-trepreneuriale et PIB par habi-tant en USD (source: GEM et FMI, 2009)

    0%

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    Figure 7: Activit entrepre-neuriale (TEA) par secteurs, 2009

    0% 20% 40% 60% 80% 100%

    Suisse

    Economies mues

    par les facteurs

    Economies mues

    par lefficacit

    Economies mues

    par linnovation

    1. secteur

    2. secteur

    3. secteur: orient business

    3. secteur: orient consommateurs

  • 16 2009 Swiss Executive Report

    Les graphiques 7 et 8 montrent la distribution par secteurs, pour les entrepreneurs tablis et rcents. De ce point de vue, la Suisse se distingue des pays conomie comparable par la plus grande part de ses entreprises actives dans les services aux entreprises, ce qui sexplique probablement par la prminence de services lis aux finances. Si lon compare les deux catgories dentrepreneurs, on peut constater que les entrepreneurs rcents privilgient ces services aux entreprises, catgorie qui semble donc en croissance. A linverse, le secteur de lextraction est plus fourni chez les entrepreneurs tablis que chez les entrepreneurs rcents.

    2.2.2 Structure selon lge et le genreLe graphique 9 montre bien que lactivit entrepreneuriale diffre selon les groupes dge, et ceci quel que soit le niveau de dveloppement conomique. En rgle gnrale, le groupe des 2534 ans est celui qui, en moyenne, atteint le taux le plus lev. On peut aussi constater que, les plus jeunes mis part, la volont de crer une entreprise dcrot mesure que lge, et notamment les comptences perues, augmentent. De ce point de vue, la Suisse se distingue par une proportion leve dentrepreneurs dans les catgories dge leves, le groupe des 4554 ans et le groupe de 5564 ans, qui sexplique probablement par la part importante des individus stablissant comme indpendants dans le domaine dactivit qui tait le leur en tant que salari, souvent la finance ou le conseil.

    Figure 8: Entreprises tablies par secteurs

    0% 20% 40% 60% 80% 100%

    Suisse

    1. secteur

    2. secteur

    3. secteur: orient business

    3. secteur: orient consommateurs

    Economies mues

    par les facteurs

    Economies mues

    par lefficacit

    Economies mues

    par linnovation

  • 2009 Swiss Executive Report 17

    Figure 9: Taux dactivit en-trepreneuriale par catgories dge et groupes de pays, 2009

    0%

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    Economies mues

    par les facteurs

    Economies mues

    par lefficacit

    Economies mues

    par linnovation

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    2005 2007 2009

    Total Junior (

  • 18 2009 Swiss Executive Report

    Lorsquon interroge les seniors sur leurs ambitions en terme de croissance, dinternationalisation, ou dutilisation de nouvelles technologies dans leur offre de produits ou de services, ils ont systmatiquement moins dambition que les plus jeunes. Par opposition aux catgories plus jeunes, les seniors semblent donc moins prsents dans les entreprises haut potentiel de croissance en termes de part de march et de cration demplois.

    Les entrepreneurs seniors deviendront probablement dans un avenir proche une catgorie incontournable du paysage conomique suisse. De ce point de vue, il nest

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    Junior (=55)

    1. secteur 2. secteur 3. secteur: orient business

    3. secteur: orient consommateurs

    pas inutile de sy prparer, afin de faciliter, voire dencourager, ce genre dactivits. En effet, des obstacles spcifiques cette classe dge existent probablement, parmi lesquels on pourrait mentionner une certaine difficult accder au financement, la question des piges fiscaux lis lobtention dun revenu paralllement une rente, le manque de certaines comptences spcifiques, ou encore les strotypes lis aux reprsentations des personnes ges. Prendre en compte ces lments permettra ainsi de mettre en valeur ces entrepreneurs qui font partie dun tissu conomique entrepreneurial diversifi.

    Figure 11: Entrepreneurs seniors par secteurs, 2009

  • 2009 Swiss Executive Report 19

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    Hommes Femmes

    Figure 12: Taux dactivit entrepreneuriale par genre dans les pays dont lconomie est base sur linnovation, 2009

    Le graphique 12 compare pour chaque pays du GEM le taux dactivit entrepreneuriale masculin et fminin. Le ratio hommes femmes varie considrablement suivant les pays, pour des raisons culturelles, lies la place laisse aux femmes dans lactivit conomique. On constate que dans les pays dont lconomie est base sur linnovation, le ratio est en gnral dune femme pour deux hommes. La Suisse se distingue ici en occupant la seconde place, juste derrire lIslande, avec un ratio de 2 femmes pour 3 hommes. Les spcificits de lentrepreneuriat fminin en Suisse sont dveloppes la section 6.

  • 20 2009 Swiss Executive Report

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    Figure 13: Activit de cration dentreprises forte aspiration de croissance (HEA), 2004-2009

    2.3 Ambitions entrepreneuriales

    2.3.1 Activit entrepreneuriale forte aspiration de croissanceDans ce chapitre, les rsultats GEM sont compars sur plusieurs annes (20042009) afin den faire ressortir les diffrentes ambitions entrepreneuriales des activits de cration dentreprises. La comparaison est effectue laide dindicateurs indissociables de la croissance des entreprises, tels que le nombre de postes de travail crer, linnovation et lorientation internationale de lactivit de cration.

    Les entreprises forte croissance, galement appeles gazelles, apparaissent de plus en plus sous les feux de la rampe et bnficient dune considration accrue dans les programmes de soutien gouvernementaux, car leur contribution la cration de nouveaux emplois est suprieure la moyenne (Autio, 2007; Acs, 2008). La figure 13 explicite la propagation de lactivit de cration dentreprises forte aspiration de croissance (HEA) dans les conomies mues par linnovation. Avec une activit entrepreneuriale forte croissance de 0,6 % (HEA), la Suisse se trouve en milieu de peloton. La tte de liste est occupe par les Emirats Arabes Unis (3,9 %),

    suivis par un groupe de pays prsentant un taux HEA compris entre 1,9 % (Islande) et 1 % (Australie). Des pays comme le Danemark, la Slovnie, lAllemagne et la Sude se situent au niveau de la Suisse, alors que les taux les plus bas sont enregistrs en Espagne et en Finlande.

    Un regard audel des conomies mues par linnovation rvle que la Chine (4 %) et la Colombie (3,9 %) prsentent un niveau dactivit de cration dentreprises forte croissance similaire celui des Emirats Arabes Unis. Au niveau juste en dessous, on trouve le Prou (1,9 %), le Chili (1,8 %) et la Russie (1,7 %). Les taux HEA les plus bas sont enregistrs par le Mexique, la Hongrie, lAfrique du Sud, la Jamaque et lInde.

    Dans le cadre de ltude, tous les fondateurs identifis ont t interrogs sur le nombre demploys quils dsiraient engager durant les cinq prochaines annes. Les aspirations de croissance des entrepreneurs mergents et des entrepreneurs nouveaux peuvent tre mises en vidence sur la base des emplois quils veulent crer. 35,6 % des activits de cration dentreprises en Suisse visent une cration de postes de travail durant les cinq prochaines annes. Parmi elles, 9,5 % des

  • 2009 Swiss Executive Report 21

    Figure 14: Propagation relative de crations dentreprises croissance forte et modre, 2004-2009

    activits de cration dentreprises envisagent de crer 20 emplois ou plus et font partie de celles forte croissance, alors que 26,1 % visent la cration de 5 emplois ou plus. Une comparaison entre pays claire la position de la Suisse en queue du peloton central, au niveau dautres tats europens, lexception du Danemark (14,6 %; 27,9 %), de la Sude (13,1 %; 34,8 %) et de la Slovnie (13,7 %; 35,7 %).

    2.3.2 Activit entrepreneuriale axe sur linnovationLinnovation et lentrepreneuriat sont indissociables et influencent la croissance de lentreprise. Schumpeter (1934) prtendait que des entreprises ruinent lquilibre du march en lanant de nouvelles combinaisons de produit/march ou lorsque des innovations liminent du march des socits moins productives. GEM value les innovations dune part dans le contexte entrepreneurial, en demandant des entrepreneurs mergents, nouveaux et tablis comment ils jugent la teneur innovante de leurs prestations de march par rapport lexprience des clients. Dautre part, chaque

    entrepreneur a d rpondre des questions portant sur le niveau de comptitivit, notamment sil percevait sur le march beaucoup, peu ou aucun acteur proposant des produits ou des services similaires.

    La teneur innovante des activits de cration dentreprises est dautant plus intressante que, ces derniers temps, la Suisse sen est particulirement bien sortie en matire dindicateurs dinnovation. Une comparaison au sein des pays mus par linnovation rvle une bonne position (mais pas minente) des activits entrepreneuriales suisses en matire dinnovation. Dautres pays affichent un pourcentage plus lev de nouveauts, que ce soit au total ou pour limportant indicateur de nouveaut du produit et de march. On trouve en tte de classement des pays comme le Canada, les Emirats Arabes Unis ou le Danemark. En dtail, cela signifie que plus de la moiti des activits de cration dentreprises en Suisse tente de simposer avec une innovation: 29,6 % avec une nouveaut de produit et de march, 23 % avec une nouveaut de produit

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    Esprance: 20 postes de travail ou plus Esprance: 5-19 postes de travail

  • 22 2009 Swiss Executive Report

    Figure 15: Taux des activits entrepreneuriales (TEA) avec de nouveaux produits et/ou marchs, 2004-2009

    ou de march. Le Danemark se targue dun total de 60 %, dont 38,9 % reprsentent une nouveaut de produit et de march et 19,6 % une nouveaut de produit ou de march. Ou le Canada avec 34,9 % de nouveauts de produit et de march et 25,8 % sur un nouveau march ou avec un nouveau produit.

    2.3.3 Orientation internationaleLe troisime indicateur de croissance ne change pas fondamentalement la situation de la Suisse dans la comparaison internationale des activits entrepreneuriales. Avec son conomie rticulaire, la Suisse est reprsente comme extrmement oriente linternational et des thmes comme les startups globales, les Born Globals, y sont thmatiss. Les activits entrepreneuriales qui affichent plus de 25 % des clients hors du pays sont dfinies dans le GEM comme fortement orientes vers linternational et celles comptant deux clients ou plus ltranger comme modrment orientes vers

    linternational. Les donnes de tous les pays montrent que les pays de grande superficie, comme lInde, lIran, le Brsil, la Russie, la Chine et lAustralie, affichent normalement une moindre internationalisation.

    Dans un tel contexte, les rsultats de la Suisse, seulement 18,9 % de forte orientation internationale, peuvent surprendre. Hongkong (39,6 %), les Emirats Arabes Unis (38,3 %), Singapour (34,6 %) ou la Belgique (34,3 %) affichent deux fois plus dactivits entrepreneuriales forte orientation internationale. Il est par ailleurs frappant de constater les taux levs de forte internationalisation des pays dEurope de lEst, comme la Roumanie, la Croatie, la Lettonie ou la Slovnie.

    Les ambitions internationales des entrepreneurs suisses peuvent par consquent tre qualifies de modres. Un coup

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    doeil sur les pays voisins le dmontre. Alors que lItalie se place au niveau de la Suisse, lAllemagne ne prsente certes que 15 % dactivits entrepreneuriales fortement internationales, mais 59,4 % des activits entrepreneuriales se font avec deux clients ou plus en dehors du pays. En dautres termes, 74,4 % en tout, contre 54,4 % en Suisse, sont orientes sur linternational. En France, ce total approche galement les trois quarts, avec 24,5 % fortement et 48,5 % modrment orientes vers linternational.

    Les explications de cette volution peuvent tre multiples et doivent tre recherches dune part dans la personne de lentrepreneur, en se demandant quel point il dcle, value et ralise des opportunits daffaires internationales. Dautre part, lactivit internationale peut tre fortement tributaire de la situation des ressources et comptences internes, ainsi que des conditions cadres nationales et internationales.

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    Figure 16: Part des activits de cration dentreprises avec orientation internationale, 2004-2009

    2.4 Les conditions cadres pour entreprendre

    Les conditions cadres pour entreprendre (CCE) reprsentent les diffrents lments du contexte national ayant un impact sur lesprit dentreprise dans le pays. Dans cette perspective, nous savons quil y a une relation ngative entre la protection de lemploi et le taux dentrepreneuriat haut potentiel de croissance. Les indicateurs de lOCDE du degr de protection de lemploi III mesurent les procdures et les cots quimplique le licenciement de travailleurs titre individuel ou de groupes de travailleurs, ou les procdures dembauche de travailleurs sous contrats de dure dtermine et sous contrats de travail temporaire.

    Deux types dexplications sont avancs pour expliquer le rsultat constat: premirement, les entrepreneurs placs dans

  • 24 2009 Swiss Executive Report

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    Figure 17: Protection des travailleurs et activit entre-preneuriale haut potentiel de croissance, 2004-2009

    En ce qui concerne plus prcisment les conditions cadres telles quelles ont t discutes dans lenqute GEM, elles ont t values par un panel reprsentatif de 36 experts en cration et dveloppement dentreprise dans chacun des pays participant ltude. Chaque expert a fait lobjet dune interview dtaille sur la base dun questionnaire structur.

    La figure 18 prsente pour chacun des 3 types dconomie les diffrentes conditions cadres telles quelles ont t values par les experts. Globalement, les pays conomiquement plus dvelopps donnent de meilleurs scores leurs conditions cadres que les pays plus pauvres, ce qui est cohrent avec le modle GEM pour qui plus lconomie est dveloppe, plus le dveloppement des conditions cadres sont prioritaires aux yeux des gouvernements.

    En ce qui concerne lvaluation des conditions cadres, la Suisse est en gnral mieux note que la moyenne des pays dont lconomie est base sur linnovation. Le tableau 3

    un contexte de restriction forte peroivent celleci comme un frein au dveloppement et la croissance, ce qui ne sera pas le cas, toutes choses tant gales par ailleurs, des entrepreneurs placs dans un contexte ou la protection est moindre. Deuximement, les entrepreneurs potentiellement crateurs dentreprises forte perspective de croissance peuvent considrer le salariat comme une alternative plus intressante. Non seulement parce quils bnficient dune meilleure protection en tant que salaris, mais aussi parce que la perspective entrepreneuriale savre moins attractive. Il faut bien entendu tenir compte des normes sociales et de la culture nationale. Cependant, les rsultats du graphique 17 suggrent quune protection moindre des travailleurs peut avoir une consquence positive pour ces derniers sur le long terme, par le fait de la cration de places de travail par les entrepreneurs. Remarquons que la Suisse, si elle se situe clairement parmi les pays ou la protection de lemploi est juge faible, ne se distingue pas particulirement par son taux dentrepreneurs haut potentiel de croissance.

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    Figure 18: Conditions cadres pour entreprendre (avis dexpert) par groupes de pays et pour la Suisse (moyenne non pondre)

    Tableau 3: Classement des conditions cadres (avis dexperts), 2009

    Suisse 1er rang 2me rang 3me rang

    Rang Valeur* Valeur*/Pays Valeur*/Pays Valeur*/Pays

    Infrastructure physique pour lentrepreneuriat 1 4.65 4.65/Suisse 4.61/USA 4.55/Allemagne

    Protection de la proprit intellectuelle 1 3.83 3.83/ Suisse 3.79/USA 3.60/Espagne

    Transfert de savoir et de technologie 1 3.49 3.49/ Suisse 3.13/Belgique 2.98/Allemagne

    Infrastructure publique de promotion 2 3.45 3.48/Hong Kong 3.45/Suisse 3.41/UAE

    Formation en entrepreneuriat Niveau tertiaire et niveau non scolaire

    2 3.43 3.76/Allemagne 3.43/Suisse 3.30/Espagne

    Normes et valeurs sociales 5 3.26 4.18/Alleamgne 3.98/Slovnie 3.85/Islande

    Financement 1 3.24 3.24/Suisse 3.15/Belgique 3.02/UAE

    Politique 2: Lgislation et fiscalit 4 3.21 4.14/USA 3.63/Allemagne 3.34/Espagne

    Ouverture du march intrieur 2 3.19 3.36/Belgique 3.19/Suisse 3.10/Allemagne

    Politique 1: Priorit et engagement 4 3.16 3.39/Espagne 3.28/Belgique 3.26/Isral

    Formation en entrepreneuriat Niveau primaire et secondaire 2 2.51 2.93/UAE 2.51/Suisse 2.48/UK

    Dynamique du march intrieur 1 1.84 1.84/Suisse 2.31/UAE 2.5/Grce

    Valeur*: Les valeurs correspondent au classement moyen des experts dune srie dnoncs sur une chelle allant de 1 (tout fait faux) 5 (tout fait vrai). Plus la valeur est leve, mieux les conditions cadres sont values. Pour la dynamique du march intrieur uniquement, une chelle inverse est applique.

  • 26 2009 Swiss Executive Report

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    Figure 19: Normes et valeurs sociales (avis dexperts) en Suisse, 2009

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    3.13 3.19

    Figure 20: Transfert technologique et scientifique (avis dexperts) en Suisse, 2009

    compare les conditions cadres en Suisse aux meilleurs rsultats des pays conomiquement dvelopps. Sans grande surprise, les points forts de la Suisse consistent en infrastructure commerciale, finance, transfert en R&D, et dynamique interne, ainsi quen infrastructure physique. La Suisse est relativement mal value en ce qui concerne les politiques nationales, ainsi que les normes culturelles et sociales, ce qui met en perspective les plutt bons rsultats obtenus dans ce

    domaine lors de lenqute. En examinant les rponses en dtail, on constate que le principal reproche fait la Suisse en matire de politique nationale touche au temps ncessaire loctroi de permis et dautorisations. Quant la culture nationale, cest le faible got du risque qui est mis en vidence. En ce qui concerne les points positifs, relevons le bon score obtenu par les hautes coles dans le domaine du transfert en R&D.

  • 2009 Swiss Executive Report 27

    3 Lentrepreneuriat et la rcession de 2008-2009

    On a souvent rpt par le pass que lattitude positive de lentrepreneur et la perception des chances faisaient partie intgrante de lentrepreneuriat (Shane et al., 2000). Afin de souligner les chances par rapport aux risques, on citait souvent le bon mot de John F. Kennedy (1959), selon lequel les caractres chinois dsignant le mot crise contiennent aussi bien le mot danger que le mot chance [voir p. ex., Baron & Ensley (2006)].

    Avec lirruption de la crise, le centre de gravit sest dcal. Loptique, jusqu prsent axe sur la chance, a quelque peu fait place une vue oriente vers les risques. Les raisons en sont tout aussi varies que les incidences gnres par le processus de dsendettement de cette crise. En particulier, on a pu observer dans le monde entier les incidences suivantes, fondamentalement ngatives pour les entreprises: durcissement des conditions de crdit, rduction des dpenses publiques, rduction des dpenses de consommation, inflation menaante, amplification des fluctuations des cours de change et protectionnisme.

    Durcissement des conditions de crdit. Des banques globales (Sidel et al., 2007) et des grandes compagnies de Private Equity (Strasburg et al., 2008) jusquaux limites des cartes de crdit (Bewernick, 2010), en passant par les financements M&A (Whitney, 2009) presque chaque acteur de lconomie globale a t ngativement affect par le durcissement des directives de crdit. Certes, aucun resserrement significatif du crdit na t jusqu prsent enregistr en Suisse tant par les instances officielles (SECO, 2010) que par les banques (Ihle, 2010), mais dans la pratique, les PME se plaignent constamment des plus grandes difficults dobtenir des crdits (Fltsch, 2009).

    Rduction des dpenses publiques. Avec la crise, les administrations publiques ont d faire face de nouvelles dpenses. Ainsi, plusieurs tats trangers et mme ltat suisse ont d dbloquer massivement des fonds budgtaires pour soutenir les banques et les assurances (NZZ, 2008; PWC, 2010), voire pour les tatiser entirement (Forelle, 2008; Smith et al., 2009). Ces dpenses, de mme que le durcissement susmentionn des conditions de crdit, restreignent la capacit daction des institutions publiques et leur laissent une marge de manoeuvre moindre pour les dpenses publiques et les subventions.

    Rduction des dpenses de consommation. Lclatement de la crise a t accompagn, tant ltranger quen Suisse, par une baisse de la confiance des consommateurs (SECO, 2008). Cette baisse a provoqu un nouvel attentisme des consommateurs qui, notamment ltranger, stait dj amplifi du fait du durcissement susmentionn des conditions de crdit. Certes, le fait que les limites de crdit fortement rduites des cartes de crdit et des crdits automobiles aux USA (Kim, 2007) aient pu avoir un impact sur les PME suisses peut sembler exagr au premier regard. Mais si on se rappelle que les PME suisses ne reprsentent pas seulement 70 % de tous les emplois en Suisse (Habersaat, Schnenberger, & Weber, 2001), mais que 50 % de tous les postes de travail en Suisse sont tributaires des exportations (Mayer, 2003), il devient manifeste que des PME actives, par exemple dans le secteur automobile, ont pu tre touches par le recul des dpenses de consommation en Suisse et ltranger.

    Inflation menaante. Pour contrer les effets ngatifs de la crise conomique, les banques centrales du monde entier ont augment massivement les masses montaires en rduisant leurs taux directeurs et en achetant en masse des titres sur le march. Aprs cette extension massive des masses montaires, diverses banques centrales redoutent maintenant lventualit dune inflation accrue (Reddy, 2008; Trumbull, 2008). Une inflation plus leve, induite exclusivement par les masses montaires, conduira moyen terme non seulement une augmentation des prix des biens rels, mais rendra encore plus difficiles les processus doctroi de crdits et, partant, aggravera encore une pnurie potentielle de crdit.

    Amplification des fluctuations des cours de change. Les mesures prises par les banques centrales pour lutter contre la crise varient grandement dun pays lautre. Les dmarches entreprises par les gouvernements des Etats concerns sont tout aussi diffrentes. Les courbes de rcession et de redressement dans les pays sont donc, elles aussi, trs diffrentes. En consquence, les cours de change sur les marchs des devises ont commenc fluctuer encore plus fortement quavant la crise, notamment entre les pays en dveloppement et les pays industriels [p. ex., la Chine (Asia Pulse, 2009)].

    Protectionnisme. Les difficults inhrentes la crise conomique ont incit les Etats se concentrer dabord sur la matrise des problmes de leurs conomies nationales. Les

  • 28 2009 Swiss Executive Report

    mesures protectionnistes gagnent par consquent nouveau du terrain. Ainsi, la World Bank a rapport que, pour la premire fois depuis la conclusion du GATT, on a introduit davantage de mesures entravant le commerce que de mesures le favorisant (Gamberoni et al., 2009).

    En rsum, on peut dire que les incidences ngatives potentielles identifiables auxquelles une entreprise est expose dans lenvironnement actuel sont particulirement nombreuses et varies. Il faut noter ici que les cinq premiers points peuvent valoir pour pratiquement chaque entreprise, alors que les deux dernires thmatiques se rpercutent ngativement sur les socits orientes vers linternational. Pour ces entreprises, lamplification des fluctuations des cours de change et le protectionnisme peuvent agir comme un multiplicateur des problmes cits auparavant. Ces facteurs ngatifs ontil eu un impact sur les entreprises en lan 2009, et si oui, quelle a t leur ampleur? Ces questions seront abordes dans les paragraphes suivants.

    3.1 Impacts de la rcession sur le processus dentrepreneuriat

    Tous les pays participant ltude ont d lutter contre les effets ngatifs de la crise. Chacun deux a connu une baisse significative de son produit intrieur brut. De nombreux pays, qui avaient mme encore enregistr des taux de croissance durant lanne prcdente, ont prsent une croissance ngative en 2009. Le tableau suivant montre dans quelle mesure ces effets se sont rpercuts sur les attitudes, lactivit et les ambitions des entrepreneurs.

    Alors que le produit intrieur brut de la Suisse avait encore augment de 1.8 % en 2008, il a baiss de 2 % en 2009. Ceci sest traduit par un changement de lattitude des questionns envers le thme de lentrepreneuriat. Curieusement, les personnes en Suisse qui ont peru lentrepreneuriat indpendant comme un bon choix de carrire sont plus nombreuses que lanne prcdente. Une tendance positive similaire a

    Tableau 4: Tendances entrepreneuriales dans les pays bass sur linnovation (Source: GEM et FMI), 2008-2009 en comparaison avec 2006-2007

    Variation du PIB par tte par rapport

    lanne prcdente (au prix courant)

    Attitudes1. Opportunits perues2. Peur de lchec3. Intentions4. Bon choix de carrire

    Activit 5. Entrepreneurs mergents6. Nouveaux entrepreneurs7. Fermeture8. Cration par ncessit

    (en % du TAE)

    Ambitions (en % du TAE)9. Cration de nouveaux

    emplois (esprance)10. Nouveaux produits11. Nouveaux marchs12. Internationalisation

    2008 2009 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

    Belgique 1 -3.2 - + +

    Danemark -1.2 -2.4 - - - - - - + +

    Allemagne 1.2 -5.3 + - - +

    Finlande 1 -6.4 - - + - +

    France 0.3 -2.4 + - +

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    Isral 4 -0.1 + +

    Italie -5.1 - + - - - - - -

    Japon -0.7 -5.4 + - - -

    Pays-Bas 2 -4.2 - + + + + -

    Norvge 2.1 -1.9 + + + + + + +

    Suisse 1.8 -2 + + - -

    Slovnie 3.5 -4.7 - + +

    Espagne 0.9 -3.8 - + - - - - + - -

    Emirats Arabes Unis 7.4 -0.2 + + - - +

    Royaume-Uni 0.7 -4.4 - - - - + + - +

    Etats-Unis 0.4 -2.7 - + - + - + - - -

    Remarque: + indique une tendance positive, - indique une tendance ngative. Les cellules vides reprsentent une legre modification.

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    Entrepreneurs mergeants

    Figure 21: Point de vue des entrepreneurs sur les opportunits de crer une entreprise en comparaison annuelle, par niveau de dveloppement des pays (moyennes nationales non pondres), 2009

    galement t constate dans le domaine de la nouvelle activit entrepreneuriale: en 2009, il y avait davantage de personnes occupes crer des entreprises, donc en passe de devenir des entrepreneurs mergents, quencore une anne auparavant.

    Lampleur totale de lactivit de cration entrepreneuriale (Total Entrepreneurial Activity, TEA) a nanmoins diminue. Ceci indique que le nombre total dentreprises mergentes et nouvelles est en baisse, ce qui permet de penser que le nombre de nouvelles entreprises avoir quitt le march durant lanne dernire est de nouveau plus lev.

    Les ambitions des entrepreneurs suisses ont enregistr lanne dernire une tendance ngative dans le domaine de lorientation internationale. Les entrepreneurs sengagent apparemment moins ltranger quil y a seulement une anne auparavant. Ceci pourrait sexpliquer par le fait quune expansion internationale exige toujours des ressources supplmentaires qui pourraient tre utilises dans le pays pour affronter la crise. Par ailleurs, les effets de la crise augmentent la complexit du commerce ltranger et, partant, galement le risque de lengagement ltranger.

    3.2 Impacts de la rcession sur le type dentrepreneur

    3.2.1 Opportunits daffaires pour la cration et la croissance dune entreprise Des points de repre intressants sur les effets de la crise ressortent galement de la question demandant si les chances de cration dune entreprise et de croissance se sont amliores ou dgrades.

    En principe, tous les groupes dentrepreneurs estiment, indpendamment du niveau de dveloppement de leur conomie nationale respective, que la situation actuelle tait encore plus mauvaise que ce ntait le cas il y a une anne.

    Pour ce qui est des conomies mues par linnovation, parmi lesquelles la Suisse, il en rsulte toujours une image diffrencie en fonction du type dentrepreneur, cestdire sous langle de lentrepreneur mergent, de lentrepreneur nouveau et de lentrepreneur tabli. Il savre ici que plus de 50 % des entrepreneurs mergents interrogs estiment que la situation relative aux crations dentreprise est plus difficile que lanne

  • 30 2009 Swiss Executive Report

    prcdente. Un autre 30 % des entrepreneurs mergents interrogs considre que la situation est tout aussi difficile et moins de 20 % sont davis que la situation est devenue plus facile. Si lon diffrencie lvolution sur la base des rponses de nouveaux entrepreneurs, les points de vue sont encore plus divergents: plus de 60 % des participants ltude estiment la situation plus difficile que lanne prcdente. Un peu plus de 20 % sont davis que la situation est reste quasi quivalente et env. 15 % des nouveaux entrepreneurs pensent que la situation sest amliore. Les diffrences dans la perception de la situation concernant la cration dentreprise saccroissent encore lorsque lon prend en considration les dclarations des entrepreneurs tablis. L, prs de 70 % des interrogs indiquent que la situation sest dgrade, alors quils sont 20 % prtendre quelle est reste peu prs quivalente et seulement 10 % dire que la situation concernant la cration dentreprise sest amliore.

    En ce qui concerne la question concernant les chances de croissance des entreprises, il en ressort une image tendanciellement similaire celle rsultant de la question sur la situation des crations dentreprise, mais avec dautres nuances.

    Ici, la majeure partie des entrepreneurs mergents interrogs dans les conomies nationales mues par linnovation ont rpondu que les perspectives de croissance se sont dgrades (env. 38 %). Un peu plus de 20 % des entrepreneurs mergents interviews ont dclar que la situation tait reste plus ou moins la mme, alors quils taient prs de 20 % penser quil tait devenu entretemps plus difficile de dvelopper leur affaire. Parmi les nouveaux entrepreneurs, les apprciations ngatives sont aussi plus nombreuses que les positives: ils taient prs de 40 % penser que la situation actuelle tait moins bonne quune anne auparavant et plus de 20 % la trouver meilleure. Moins de 20 % des nouveaux entrepreneurs pensaient que les perspectives de croissance taient restes peu prs les mmes. La tendance dgage parmi les entrepreneurs tablis tait clairement la dgradation: 50 % des interrogs estimaient quune expansion tait devenue plus difficile, un peu moins de 30 % dclaraient que la situation tait reste la mme alors que moins de 20 % indiquaient quelle tait plus facile.

    Lapprciation fondamentale selon laquelle la crise conomique influence les chances entrepreneuriales peut tre

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    Figure 22: Point de vue des entrepreneurs sur les opportunits de croissance dune entreprise en comparaison annuelle, par niveau de dveloppement des pays (moyennes nationales non pondres), 2009

  • 2009 Swiss Executive Report 31

    dduite de la question concernant les opportunits daffaires (Business Opportunities).

    En principe, le vote de tous les entrepreneurs, de toutes les sortes dconomies nationales, peut sinterprter de la mme manire, savoir quil y a aujourdhui nettement moins dopportunits daffa

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Global Entrepreneurship Monitor L’entrepreneuriat en comparaison internationale Rapport national suisse 2009 Rico J. Baldegger Andreas A. Brülhart Mathias J. Rossi Patrick E. Schüffel
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